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| L'HISTOIRE Non loin de la Paroisse de Dom Rémy conversent deux bergères, assises dans la campagne sur des rondins de bois. L'une Hauviette, lumineuse et enthousiaste par le bienfait de ses certitudes, appartient pleinement à la Terre et à son humilité. L'autre, Jeanne, de la tristesse dans l'âme, prie à toutes les croisées des chemins "pour ceux qui ont faim, même quand ils n'ont pas faim", ... "pour guérir la misère du monde", ... "que fait Dieu des cris des êtres abandonnés, des inconsolés, des blessés, des malades, des affamés ?". Jeanne a des doutes, des incertitudes. Jeanne est envahie de questions. Pour y répondre, elle va trouver Mme Gervaise, une religieuse, pour entendre la vérité si jamais elle existe. "Pourquoi vouloir sauver mieux que le Sauveur ? ..." La verve polémique de Charles Péguy trouve un plein épanouissement dans ce "Mystère de la Charité de Jeanne d'Arc" à travers le verbe furieux de la Sainte à venir. Comme il a pu adhérer au Socialisme, Péguy épouse l'institution de l'Eglise en la critiquant violemment de l'intérieur, au nom d'une pureté absolue. Dans cette méditation à voix haute, jouent la mémoire du langage, le poids charnel des mots et une vision poétique qui nous fait redécouvrir un texte dynamique, simple, profondément humain.
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